Le Profiling

Par Vargasss, le 08/10/2007

 
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Le Profiling consiste à observer la façon de jouer des autres joueurs à la table, afin de les classer dans des catégories et de faciliter ainsi notre lecture de leur jeu.

Il existe quatre grands profils génériques de joueur. Pour chacun d’entre eux, certains auteurs utilisent des noms d’animaux :

1) Le loose-passif (large passif) - Eléphant
Aussi appelé fish. Il joue beaucoup (trop) de mains, ne relance pas ou peu, se contente souvent de suivre, qu'il ait un bon jeu ou pas. Il paye ses tirages quel que soit le prix. Il n’a aucune chance et se fera marcher dessus par les joueurs agressifs la plupart du temps…
La plupart des débutants sont loose-passif.

2) Le tight-passif (serré passif) - Souris
Il sélectionne mieux ses mains de départ, mais n’agresse pas assez (soit il suit, soit il fait de petites relance, mais il ne prend que rarement l’initiative) donc il se fait souvent battre au tirage. Et même s’il gagne, ce ne sera souvent que de petits pots.
Avec une main forte, il faut absolument relancer correctement avant le flop (3 ou 4 grosses blindes) pour avoir peu d’adversaires, et miser fort ensuite, pour ne pas laisser les adversaires améliorer leur jeu à peu de frais (article sur les côtes).

Ces deux profils de joueur ont peu de chance d’être gagnant sur le long terme. En effet, ils sont très prévisibles : ils font peu de bluff et s’ils relancent, tout le monde sait qu’ils ont un gros jeu (puisque c’est exceptionnel chez eux). Ils seront vite dépassés par les deux profils suivants : les joueurs agressifs.

3) Le TAG = Tight aggro (serré agressif) – Lion
C’est le style de jeu considéré comme le plus performant.
Il sélectionne ses mains de départ : il ne joue qu’avec de bonnes mains donc il a plus de chances d’obtenir une forte combinaison au flop. De plus, il battra souvent un adversaire plus loose au kicker (avec AK contre AJ par exemple).
Il est agressif : il mise fortement, avant et après le flop, pour décourager les adversaire d’entrer dans le coup avec des mains moyennes mais dangereuses (A2s ou J8s par exemple), et empêcher de tirer des cartes gratuites. Enfin, l’agressivité lui permet de ne jouer que de gros pots : plus de gains.

4) Le LAG = Loose aggro (large agressif) - Chacal
C’est le style à la mode, mais il est très difficile à maîtriser.
Il joue beaucoup de mains, n’hésite pas à suivre des relances avec des mains marginales, voire à sur-relancer. Il est donc très difficile à lire.
Il joue très agressivement. Qu’il ait touché ou non, il mise fortement. Il bluff également beaucoup. Il joue tous les tirages agressivement, en misant ou en relançant.
Les tight passif n’ont aucune chance face à lui. Et c’est aussi un adversaire très difficile pour un TAG.
Le principal inconvénient de ce style est que c’est un jeu à très forte variance : un LAG qui touche va faire très mal à la table (davantage qu’un TAG qui touche), il peut facilement raser tous ses adversaires et gagner des pots énormes, mais il va aussi avoir de très grosses pertes s’il tombe face à un gros jeu qui ne se laisse pas impressionner. Le plus gros danger pour lui est de « s’empaler » sur un jeu énorme.
Il faut avoir une excellente lecture des adversaires et du tableau pour être gagnant en jouant de cette façon. Meilleur exemple : Gus Hansen.

Attention : il faut être prudent et attendre d’avoir un certain nombre de mains jouées contre un adversaire avant de le classer dans une de ces catégories. En dessous de 50 mains, l’échantillon n’est généralement pas représentatif. Jusqu’à 100 mains, ce n’est qu’une indication globale à prendre avec circonspection.
De plus, les bons joueurs sont capable de changer de vitesse : parfois TAG, parfois LAG, en fonction des adversaires, de l’historique de la table, ou simplement de leur humeur du jour ! C’est pourquoi il est important de continuer à observer un joueur, même lorsqu’on l’a déjà catégorisé.


II) L’image

C’est un concept directement relié au Profiling. Les adversaires aussi font du Profiling, et analysent notre façon de jouer. Il faut se demander dans quelle catégorie les adversaires nous classent: c’est cela notre image à la table. Il faut absolument la travailler !

Une technique assez répandue et très efficace consiste à ne jouer que très peu de mains au début lorsque on arrive à une table, et à ne montrer que de très bonnes mains à l’abattage (c'est-à-dire ne pas bluffer). Ainsi, les autres adversaires vont nous classer TAG. C’est alors que nous allons pouvoir jouer plus de mains et bluffer plus souvent, car les adversaires seront habitués à interpréter nos relances comme des signes d’un très gros jeu. Mais il y a un problème : il va être difficile de se faire payer lorsque nous aurons véritablement un monstre en main…
Certains joueurs font l’inverse : ils jouent volontairement « mal » au début, ils relancent à tort et à travers, et dévoilent des mains très faibles à l’abattage. Les adversaires les classent alors dans la catégorie fish ou maniaque. Il sera ensuite très facile de jouer plus sérieusement et de piéger les adversaires avec des mains énormes. Mais cela implique d’accepter de commencer par perdre de l’argent, en pariant sur de futurs bénéfices (et il va aussi falloir toucher de bonnes mains puisque aucun bluff ne passera plus).

En jouant, il faut absolument tenir compte de l’image que l’on projette à la table, qui est en constante évolution : par exemple si on se fait prendre en plein bluff, les adversaires auront ensuite tendance à suivre plus facilement nos relances puisqu’ils nous savent capable de bluffer de cette façon, et il vaut mieux resserrer son jeu et éviter les bluffs dans les prochains coups. A l’inverse, si on démasque plusieurs bluffs de suite en payant une relance à la river avec un jeu moyen, les adversaires vont de moins en moins tenter de nous bluffer et il faudra alors respecter davantage leurs relances. Enfin, si on gagne plusieurs gros pots en abattant de très belles mains, il ne faut pas hésiter à bluffer dans les coups suivants, car les adversaires auront appris à respecter nos mises.


III) La prise de note

Presque tous les sites permettent de prendre des notes sur les adversaires, parfois même avec un système de couleurs. Autant être clair : c’est un outil indispensable !

Un exemple : vous arrivez juste sur une nouvelle table. Un joueur fait une relance à 4bb en premier de parole. En général, c’est le signe d’un très gros jeu. Vous avez AJo en fin de parole. Selon la règle, il faut se coucher (car il y a de fortes chances d’être face à AA/KK/QQ/JJ, AK ou AQs, c’est-à-dire des mains largement favorites contre votre AJo). Mais il se trouve que vous aviez pris une note sur le joueur en question lors d’une partie précédente, elle dit « très loose, joue n’importe quel As dans n’importe quelle position, maniaque ». Dans ce cas, vous décidez de suivre, puisque si l’adversaire a un As, il est probable qu’il ait moins bien que vous (seuls AK et AQ vous battent). Un as tombe au flop, il mise, vous relancez, il part au tapis, vous payez. Il montre A6o et vous gagnez un joli pot grâce à la note que vous aviez prise. Contre un adversaire inconnu, il est suicidaire de jouer comme cela, car si c’est un TAG, il ne jouera de cette façon qu’avec AK voire AA !

Ce qu’il est important de noter sur les adversaires :
- Le profil générique (éventuellement en associant une couleur particulière à chacun)
- S’il tient compte de la position
- S’il tient compte des côtes
- Certaines manies particulières (exemple : un joueur relance habituellement à 4bb avant le flop. Un fois, il ne relance qu’à 2bb et montre à l’abattage AA. La prochaine fois qu’il relancera à 2bb, vous saurez à quoi vous attendre).

Une fois de plus, il faut être prudent lors de la prise de notes, car beaucoup de paramètres peuvent influencer la façon de jouer d’un adversaire sur une courte période. Par exemple : si un joueur vient de perdre plusieurs gros pots sur des bad beats, et qu’il se met à relancer frénétiquement toutes les mains, il est sans doute « on tilt » (cagoulé). Si vous arrivez à ce moment précis à la table, vous aller noter « maniaque, fait n’importe quoi ». Or à la session suivante, ce joueur aura sans doute retrouvé ses esprits et jouera plus sereinement. C’est pourquoi il faut être attentif à tout ce qu’il se passe à la table, et continuer à enrichir ou à modifier les notes sur les joueurs en fonction de ce que l’on observe. Il faut toujours se souvenir que ces notes ne sont que des indications, pas une vérité absolue et intangible.


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